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vendredi 27 mai 2011

Séjour balnéaire à Ngwe Saung

Vendredi 20 mai : nous quittons Le Rocher d'Or pour 4h de route en bus vers Yangon. C'est un bus tout à fait normal qui nous mène sans encombre à la grande ville (Yangon n'est plus la capitale depuis quelques années, ainsi en ont décidé les militaires, même si elle reste, économiquement, la ville la plus importante). De là, comme il est encore tôt (12h), nous décidons d'avancer un peu et d'aller jusqu'à Pathein, troisième ville du pays et ville étape sur la route des plages.
Nous y arrivons en début de soirée et nous installons dans un hôtel du centre. Tous les guides le disent, l'hôtellerie à Pathein n'est pas terrible.
 Effectivement, nous choisissons, dans celui qui parait être le plus propre, une chambre familiale pour 25$, sans eau chaude et sans petit dej, ce qui est très cher pour le pays (on trouve des chambres à moins de 20$ avec petit dej inclus et eau chaude bien sûr).
Lorsque nous montons nos bagages et ouvrons la porte de la chambre, un chat se faufile entre nos jambes et nous ne tardons pas à découvrir qu'il s'est « oublié » sur l'un des lits ! Un grand rond humide l'atteste clairement. Edgar prévient donc la réception. Branle bas de combat : on nous envoie un petit gars d'une douzaine d'années, armés de draps propres et d'une bombe désodorisante. Il enlève les draps souillés, découvrant un matelas constellés de tâches diverses (le concept même d'alèze est ici totalement inconnu) et, hop, ni une ni deux, le retourne prestement, vaporise un petit coup, refait le lit avec les draps propres et le tour est joué ! On se regarde un peu écœuré et la grande question se pose : qui va dormir dans ce lit ??

Le lendemain matin, petit tour de ville rapide. Pathein est une ville agréable au bord d'une rivière, où règne une activité portuaire relativement importante. Nous nous attardons sur le marché où des vendeuses de fruits, toutes contentes de voir les enfants, nous offrent pleins de petites baies jaunes délicieuses. Un jeune étudiant parlant anglais nous fait la traduction. Tout le monde est souriant et avenant, c'est bien agréable !
Finalement, c'est décidé, notre prochaine destination sera la plage de Ngwe Saung plutôt que celle de Chaungtha, plus populaire et moins jolie parait il. Notre hôtel nous ayant indiqué que le bus pour Ngwe Saung (prononcer « Ouessangue »…oui, c'est pas évident, je sais, mais une grande partie des noms birmans sont imprononçables pour les occidentaux) part à 11h, nous voilà partis en cyclo pousse pour rejoindre la station de bus locale.

Nous y débarquons, dans la boue, largement à l'avance : il est 10h. Mais le vendeur de billets commence par nous dire que le prochain bus est à 13h… Celui de 11h a apparemment disparu du planning. Super, plus que 3h à attendre ici !
Puis il nous annonce les prix : 4000 K, ce qui nous parait bien cher. Effectivement, un papy local me glisse à l'oreille « be careful : normal price 2000K ». Edgar part à l'attaque, se fâche, le gars ne veut rien savoir et campe sur ses positions. Edgar, furieux, sort de la station de bus pour essayer de trouver un autre moyen (pick up, taxi) de nous rendre à Ngwe Saung.
De mon côté, je m'installe prudemment en retrait à la terrasse d'un petit boui boui, où les enfants jouant à la D.S, attirent bien vite une foule de curieux.
Lorsqu'Edgar revient, il n'a pas trouvé d'autre moyen de transport ou alors trop cher et je le sens prêt à changer de destination pour ne pas avoir à traiter avec ce vendeur de billets. Du coup, je m'y colle, fais un peu l'imbécile qui n'a pas bien compris les prix, insiste, re-insiste, lui tends une mauvaise somme d'argent et finalement, Ô miracle, il lâche les places à 3000K ! Yes ! C'est pas pour la somme (3€) mais pour le principe (c'est pas parce qu'on est des touristes qu'il faut exagérément se sucrer sur notre dos).

Maintenant que nous avons les places en poche (les 4 juste derrière le chauffeur, parait que c'est les meilleures), je m'attarde à détailler le bus en question, stationné devant la cabane en bois qui sert de bureau de vente (Papa, ta cabane de jardin a bien meilleure allure !).
C'est un antique engin des années 50-60, une carcasse en fer, sans capitonnage, avec 4 roues, quelques sièges à l'intérieur et un large espace vide en bout de bus servant au transport de marchandises.
 Car, en effet, le chargement a commencé : sacs de riz jusque dans le couloir entre les sièges, casiers de bouteilles, sacs et ballots divers à l'arrière…les passagers  s'installent sur les sièges ou sur les sacs de riz. Un homme monte avec son canard vivant enroulé dans une serviette et une fois tout le monde installé, deux bidons de pétrole sont chargés à l'avant du bus, juste devant nous, dont l'un en équilibre sur les marches, bloquant en partie l'accès (toute personne souhaitant descendre du bus devra désormais se contorsionner pour arriver à en sortir…).
Le tableau de bord, recouvert d'une épaisse poussière, est réduit à sa plus simple expression et le pare brise a un énorme trou (mais pas côté conducteur…).Edgar trouve ça drôle, moi, moins…je me demande si nous allons arriver à destination tous en vie (bon, pas de suspens : la réponse est oui !).
A 13h, le bus se met en branle, dans un gros bruit de pot d'échappement et avec un nuage de fumée qui rendrait fou tout militant écologiste : c'est parti !
500 mètres plus loin, première halte : nous chargeons 4 énormes pains de glace sur le toit du bus (il fait au moins 42 au soleil). Je n'ai toujours pas compris si c'était un moyen de  rafraichir la carlingue (une sorte d'air conditionné !) ou si réellement quelqu'un espérait la livraison de la glace après plusieurs heures de route en plein soleil…c'est incompréhensible…Bref, nous repartons et nous nous arrêtons 1km après : cette fois, un bruit suspect inquiète le chauffeur qui descend et voit avec le « mécano-manœuvre » du bus. Ca cafouille un peu et ça repart pour 200 mètres où, là, arrêt complet en plein soleil : le bruit est vraiment affreux, le moteur crache, tousse, bref, c'est mauvais signe.
Nous allons rester ainsi plus de 2h sur le bord de la route (tous les passagers ont finis par sortir du bus, écrasés par la chaleur) attendant la réparation de l'engin. Pendant ce temps là, les pains de glace fondent et coulent le long des rétroviseurs du bus, formant une petite douche régulière à laquelle viennent s'asperger les enfants !
Une fois la réparation effectuée, l'équipage reprend la route, qui elle est toute récente (la station balnéaire de Ngwe Saung a été «ouverte » au tourisme en 2000 et pour l'occasion, la route a été refaite).
Quelques arrêts à différents villages afin de se délester des divers chargements et nous arrivons vers 18h, sous une violente averse (il est clair que la saison des pluies a commencé avec son averse quotidienne souvent en fin de journée, le reste du temps il fait beau et chaud).

Nous trouvons un bel hôtel cette fois, avec des bungalows sur la plage mais un peu loin du village ce qui déplait toujours à Edgar. Cependant les enfants et moi sommes enchantés, la mer est devant nous, la plage de sable est belle, bordée de cocotiers. Nous sommes ravis de prendre un peu de repos après ces derniers jours intenses et fatigants.
Les enfants se font des petits copains birmans avec lesquels ils jouent dans les vagues ou chassent les Bernard Lhermitte. Nous sommes heureux de les voir si à l'aise, s'exprimant par gestes ou avec des petits mots d'anglais, eux qui, au début du voyage, n'osaient pas aborder les autres enfants.
En se promenant dans le village, Edgar fait la connaissance d'un jeune birman conducteur de moto-taxi, parlant très bien anglais et qui propose de nous emmener visiter les environs en moto. Rendez vous est pris pour le lendemain.

Lundi 23 mai matin, il fait un temps magnifique et nous partons donc sur deux motos avec chauffeur pour une grande promenade sur la plage (c'est génial de rouler sur le sable avec la mer d'un côté, les cocotiers de l'autre) et on adore sentir le vent dans les cheveux (surtout moi). La phrase précédente est une périphrase bien utile (car nous avons un peu honte) pour vous dire que nous avons pris quelques liberté avec la sécurité car ici pas de casques disponibles !
Nous roulons ainsi, cheveux au vent donc, jusqu'à un site assez éloigné où l'on peut admirer, directement sur le sable, trois gros rochers surmontés de petites pagodes dorées au sommet. L'endroit est désert, pas de route ni de construction, juste, en arrière plan, une petite cabane de paille où vit une famille. Les enfants du coin ont tôt fait de nous rejoindre autour des rochers et de jouer avec Calixte et Adélie (la pêche de bigorneaux et autres coquillages vivants semble assez fédératrice pour cela).
L'endroit est vraiment sublime (et à ce titre largement photographié par nos soins) et il parait incroyable de ne pas y voir un hôtel ou un restaurant quelconque. Devant cette remarque, notre guide nous explique qu'il y aura certainement d'ici quelques années un hôtel car un membre du gouvernement vient d'acheter ce terrain…

En fait, ce qui est surprenant à Ngwe Saung, c'est qu'il s'agit d'une « station balnéaire » créée de toute pièce, par la volonté du gouvernement birman qui souhaitait développer le tourisme. La quasi-totalité des hôtels, beaucoup de grosses structures haut de gamme (inaccessible aux locaux), appartiennent à la junte (sauf celui où nous logeons !) et datent, pour le plus vieux, de l'année 2000. Les routes sont flambant neuves mais apparemment cela n'a pas suffit, les touristes ne sont pas assez nombreux car déjà plusieurs hôtels en bord de plage sont abandonnés et en ruine. Mais il est certain, vu la beauté des sites encore vierges, que le potentiel touristique de l'endroit est fabuleux. Mais pour cela il faudra attendre que le pays se démocratise et que le tourisme y explose…

Nous quittons la plage des trois Pagodes pour continuer vers un îlot rocheux où vivent des serpents de mer. Effectivement, nous en apercevons un, lové dans les rochers et nous gardons bien d'aller le taquiner car cette espèce est très dangereuse (je ne lâche pas la main de Calixte qui est toujours très tenté lorsqu'il s'agit d'aller voir des bestioles). C'est d'ailleurs au moment où nous nous apprêtons à remonter sur la moto que Calixte se met à se trémousser en poussant de petits cris. Nous devons le déshabiller avant de trouver le fautif : un Bernard l'Hermite vivant qu'il avait fourré dans sa poche et qui maintenant pour en sortir n'hésite pas à pincer autant qu'il peut !

Nous finissons notre équipage par la visite d'un village au milieu d'une immense palmeraie. Le petit chemin en terre qui serpente entre les rizières et les cocotiers est très pittoresque. Petite halte dans le village pour boire un jus de noix de coco frais que l'on nous prépare sous nos yeux. A la sortie du village, nous montons en haut de la colline où est construit un stupa doré, tout scintillant. De là, nous avons une superbe vue sur les rizières bordées de bananiers et de cocotiers (bientôt vous verrez les photos, patience !). Nous rentrons à l'hôtel, plus que ravis.

Nous restons finalement quatre jours pleins ici, profitant des joies de la plage (enfin surtout les enfants et moi car Edgar trépigne toujours un peu lorsqu'il est dans ce genre d'endroit), louant des motos (ici curieusement, nous avons eu le droit de le faire alors qu'ailleurs en Birmanie, c'était interdit aux étrangers) et nous promenant dans les alentours.

Nous visitons ainsi deux petits villages  loin de la plage, dans la  montagne environnante. Ici, le décor change du tout au tout : c'est une véritable jungle qu'il nous est donné de voir avec des arbres énormes, un fouillis inextricable de feuillages, buissons, arbustes…la nature utilisant toute la palette des verts, du plus clair au plus foncé.
Les villages sont composés pour la plupart de maisons en bois et/ou paille, très sommaires, sans eau courante bien sûr (il y a généralement un puits au milieu du village) et pas souvent d'électricité. Nous nous promenons sous les regards curieux et amusés. Les enfants rient et nous font des petits signes, d'autres nous suivent. Comme partout en Birmanie, femmes et enfants sont fardés de blanc sur le visage (ils utilisent du bois de santal censé protéger la peau du soleil mais c'est aussi une sorte de maquillage) qui, selon la quantité appliquée, les font parfois ressembler à des fantômes (là aussi photo obligatoire !).
Dans l'un des villages, nous photographions des petits garçons jouant avec des voitures en bois fabriquées par leurs soins. Fixées au bout d'un bâton, les enfants les poussent (les roues fonctionnent) et il y a même un petit volant pour la direction. C'est malin, ingénieux et finalement amène les mêmes disputes que chez nous avec des jouets plus sophistiqués (on assiste à une grosse colère d'un petit garçon voulant utiliser une voiture n'étant pas la sienne …).
 Dans l'un des villages, un monsieur vient me chercher et veut que je le suive : je comprends qu'il veut me montrer un bébé de 2 jours ou de deux mois je ne sais pas bien (il me fait signe deux avec ses doigts). Lorsque nous arrivons devant sa cabane, c'est en fait des jumeaux qui sont là, tout emmaillotés, avec leur maman. Celle-ci, toute fière, prend la peine de me prouver que se sont deux beaux garçons (ok ok je vois !). Il y a là aussi le grand frère ainé et toute la petite famille qui veut que je les photographie ce dont je ne me prive pas (et nous nous sommes arrangés ensuite avec notre guide sympa de la veille pour lui envoyer les photos par poste et qu'il les leur amène). Nous repartons sous les sourires et les « bye bye » des villageois.

Le dernier jour est plus cool. Nous gardons une seule moto (à quatre dessus, toujours cheveux au vent) pour aller facilement de notre hôtel éloigné au village. Bien sûr, ce n'est pas confortable du tout : Calixte écrasée devant, Edgar conduisant, Adélie en sandwich et moi au bout, une bonne partie de mon arrière train dans le vide…mais c'est mieux que rien et cette belle brochette fait bien rire les birmans que l'on croise !!
Nous faisons une belle journée plage, ensoleillée où l'on peut tout à loisir observer les coutumes locales. Car la vie sur la plage est assez intense : entre les motos qui passent régulièrement, les charrettes en bois tirées par des zébus ou les pêcheurs s'affairant toute la journée au bord de l'eau. Ces derniers sont particulièrement remarquables : de l'eau aux mollets, avec leur longyi (jupe birmane) mouillé, leur chapeau de paille et leur filet dans les mains, ils sont aux aguets (dans la position d'un chat ayant vu une souris et s'apprêtant à lui fondre dessus), fixant les vagues à la recherche de poissons. Dès qu'ils en repèrent un, ils lancent leur filet (un épervier plus précisément) pour le capturer…et ça marche, incroyable…c'est le genre de chose qui me dépasse ! Il y a là aussi quelques belle photos de ces élégants pêcheurs (j'avoue j'ai un faible pour les Birmans en jupe !)

Voilà donc notre beau séjour en Birmanie qui se termine, si riche en paysages et en visages souriants : nous reprenons un bus direct le 26 mai, pour Yangoon, notre avion étant le 27 au soir.
Nous en profiterons pour visiter la Botahtaung pagoda qui contient un cheveu de Bouddha ainsi qu'une belle statue en bronze et ferons quelques achats au marché central.

Prochaine étape : Bali via Bangkok (où nous allons passer une superbe nuit à l'aéroport, notre avion arrivant de Yangoon dans la soirée du 27 et celui pour Denpasar étant très tôt le 28).


PS : un grand merci à tous ceux qui m'ont envoyé des messages à l'occasion de mon anniversaire. C'est difficile d'y répondre directement par mail vu les difficultés d'accès mais soyez certains qu'ils furent grandement appréciés !!

@ Flo : tu as raison le rocher d'Or n'est pas accessible aux femmes ! Edgar et Calixte sont allés le toucher en nous narguant alors qu'Adélie et moi étions cantonnées derrière le panneau « Ladies are not allowed » (partout la dure loi du sexisme !) Mais, bon, on l'approche quand même suffisamment près pour bien en profiter !



dimanche 22 mai 2011

Le Rocher d’Or via Bago

Bagan,lundi 16 mai, 17h : c’est l’heure du départ du bus de nuit pour Yangon. Nous avons acheté nos billets la veille, directement à la station de bus, un peu étonnés que sur six guichets différents, l’un soit à 10$ la place et tous les autres à 15$. Mais, comme le premier assurait que son bus etait bien avec air conditionné et sièges inclinables (le must du bus birman), nous ne nous sommes pas posés de question et avons acheté au moins cher…grossière erreur bien sûr ! Lorsque le bus en question arrive (après que tous les autres à 15$ soient partis) et que nous montons à bord, c’est la désillusion : il est déjà plein, l’odeur est épouvantable, nos sièges, troués de partout, ne sont pas inclinables (ou plutôt ils ont dû l’être mais le système est hors d’usage) et un passager birman déjà installé fait un scandale car il n’y a pas d’eau (c’est compris dans le prix, normalement chaque passager a une bouteille d’eau). Quand il m’explique que l’air conditionné du bus ne fonctionne pas, c’en est trop…je bondis de mon siège et me rue au guichet (la perspective de passer une nuit assise, avec 50 personnes dans une atmosphère à 37°C m’est insupportable). Edgar, pourtant moins soucieux de son confort, m’a suivie et nous râlons auprès du vendeur de billets, l’accusant de nous avoir trompés. Je veux changer de bus, d’autant plus que je viens d’en voir arriver un qui ‘a l’air normal…coup de bol, il reste des places. Nous nous faisons rembourser, sortons les bagages de la soute et montons dans le nouveau bus in extremis (en payant le petit supplément au passage bien sûr). 10 heures de route plus tard nous voilà largués à Yangon : il est 3h du matin ! Nous nous retrouvons dans un café de plein air (ouvert 24h/24) à la station de bus, attendant que les guichets ouvrent. Nous attrapons le premier bus pour Bago à 5h30… Bago est une ville située à une cinquantaine de kms de Yangon. C’est une ville dont l’intérêt est surtout d’être une étape sur la route du Rocher d’Or. Au bout d’1h30, alors que nous quittons une assez grande agglomération, je vois une pancarte, écrite en anglais (c’est rare) : « Bago »…Bizarre, personne ne nous a prévenu de descendre (il y a dans chaque bus, un responsable qui annonce les arrêts et vérifie la destination de chaque passager). Je me renseigne : il semble bien effectivement, que nous ayons passé la ville sans que le contrôleur de billets ne nous en avertisse !! Le bus s’arrête et le gars veut nous larguer sur la route avec les bagages et les enfants…nous comprenons qu’il nous faudra ensuite prendre le bus dans l’autre sens (lorsqu’il passera !). Edgar est furieux, « c’est toi qui n’a pas fait ton boulot, on ne va pas payer en plus pour repartir dans l’autre sens ». Pas sûr qu’il comprenne tout mais il voit bien que nous ne sommes pas contents et que nous refusons de descendre ! Nous restons donc assis jusqu’à ce qu’on croise un autre bus, que le conducteur le fasse arrêter, paye nos places et nous « transfère » tous. La petite plaisanterie nous aura fait perdre une bonne heure et nous arrivons enfin à Bago où nous trouvons un hôtel cracra (ici le niveau de confort de l’hôtellerie est réduit au minimum mais pour une nuit ça ira bien) Nous visitons Bago dans l’après midi, avec deux chauffeurs de moto et un enfant en sandwich entre nous. Il règne partout une ambiance de fête et de célébration car aujourd’hui c’est « Full Moon Day » (jour de pleine lune), les gens se rendent en masse dans les temples pour y faire leurs offrandes. Et des temples et des pagodes, il y en a, à foison ici ! Nous allons ainsi dans un jardin où trônent 64 bouddhas assis qu’une armée de petits enfants arrosent scrupuleusement. Les nôtres se joignent au mouvement. Nous voyons ensuite deux bouddhas allongés monumentaux (genre 50/60 m de long) dont un datant du 10ème siécle. Un de nos guides fait la photo familiale devant la glorieuse statue, Edgar se déleste du sac à dos pour l’occasion et, bien sûr, l’oublie sur le côté…lorsqu’on s’en aperçoit un quart d’heure plus tard, le guide lève les mains au ciel et se met à courir pour essayer de récupérer notre bien. Là encore, grosse chance, le sac est toujours à sa place (avec les liasses de billets birmans que nous venions juste d’échanger en arrivant à l’hôtel) ! Mais la grosse attraction de Bago reste sans aucun doute le « Snake Monastery » où comme son nom l’indique, vit un magnifique boa d’une centaine d’année. Il est censé être la réincarnation soit d’un moine, soit d’une petite fille (plusieurs versions selon les guides) et vit en quasi liberté. La foule se presse autour de la bête, chacun voulant la caresser avec un billet pour favoriser la chance. Heureusement, le boa est protégé de la foule par trois hommes qui empêchent les gens de trop s’approcher. Il reste que le serpent est impressionnant et nos enfants impressionnés ! Après une dernière visite de Pagode dorée au soleil couchant (superbe lumière) nous retournons à l’hôtel et faisons nos bagages pour un départ le lendemain matin. Durant le trajet en bus de Bago jusqu’au camp de base du rocher d’or (on se croirait dans l’Everest !), il ne nous arrive rien (hé oui incroyable). A Kinpun, le fameux camp de base, que nous atteignons en début d’après midi, il pleut des cordes de midi jusqu’au lendemain 6h (nous avions un peu perdu l’habitude tant nous avons eu chaud à Mandalay et Bagan). Des averses terribles avec orage et tout le tralala (on se croirait presque en Nouvelle Calédonie en plein Vania, le vent en moins). Lorsque l’accalmie arrive enfin, nous sommes euphoriques tant nous pensions devoir repartir sans avoir pu grimper jusqu’au célèbre rocher. C’est en effet, un lieu de pèlerinage très célèbre, une sorte de Lourde birman, où un énorme rocher recouvert de feuilles d’or, tient en équilibre au dessus d’un précipice, grâce, selon la légende, à un cheveu de Bouddha contenu dans le petit stupa posé au sommet. Bon certes, nous sommes heureux car il ne pleut plus mais l’horizon reste voilé et le ciel fort nuageux…Qu’importe, nous embarquons les Kways et partons plein d’ardeur. Nous sommes samedi 19 mai, il est 7h du matin et c’est mon anniversaire (j’avoue : je suis restée un peu gamine sur le sujet et j’aime bien les anniversaires !). Je me dis que c’est sûrement pour cette occasion que le ciel nous envoie une accalmie nous permettant de faire notre ascension. Car le site est assez difficile d’accès, en haut d’une montagne que l’on peut gravir en partie à bord d’une bétaillère (je ne trouve pas d’autre mot pour décrire ces camions découverts où nous nous entassons à plus de 60 personnes, serrés sur des madriers en bois disposés en travers). Il n’y a rien pour se tenir mais comme mes voisins sont très proches, l’ensemble est bien compact…La route de montagne monte en lacets, le moteur du camion ronfle, la masse humaine est projetée en avant, puis en arrière, à chaque changement de vitesse…le tout sous un ciel menaçant. A la mi parcours, les touristes (nous sommes 5) sont priés de descendre et de monter à pieds tandis que les locaux peuvent continuer en bétaillère. Nous nous insurgeons un peu contre tant d’injustice mais rien à faire : il faut faire travailler la main d’œuvre locale qui propose de nous monter en chaise à porteur !! Nous nous laissons amadouer pour les enfants qui sont ainsi transportés dans une espèce de hotte en osier sur le dos. Ils apprécient le petit tour de manège et sont conscients d’avoir échappés à une belle grimpette ! Après une heure d’effort, nous arrivons en vue du rocher. Il est bien là, tout doré, réellement en équilibre au dessus du vide : c’est chouette, nous sommes ravis même si la brume nous coupe de la vue sans doute splendide que l’on doit avoir de là haut… Nous faisons moult et moult photos et repartons en sens inverse : descente à pieds, bétaillère (où nous nous prenons une superbe averse pour couronner le tout) et retour à l’hôtel tout heureux de notre visite. Et là, je vous avoue que je fais un caprice pour mon anniversaire : je m’achète une boule avec un rocher d’or dedans et pleins de paillettes dorées qui tombent quand on l’agite. C’est superbe ! Il nous reste une après midi pour récupérer et préparer la suite de notre voyage. Vu le temps (la saison des pluies est bien commencée ici) nous renonçons à descendre plus bas comme nous l’avions imaginé, et planifions d’aller vers l’ouest, sur les plages birmanes de Chaungta ou Nyaungshwe où nous espérons retrouver le soleil. Pour cela, il nous faut regagner Yangon et de là reprendre un autre bus pour Pathein (où nous allons faire étape) avant de pouvoir rejoindre la plage.

jeudi 19 mai 2011

Les temples de Bagan

Samedi 14 mai matin : nous quittons Mandalay à 8h, direction Bagan en bus (plutôt confortable cette fois). La route est, comment dire…birmane…piste, cailloux, trous, morceaux de goudron et même, franchissement d’une rivière carrément dans l’eau. Nous sommes tous médusés. Car bizarrement, il y a beaucoup de touristes (au moins 10) dans ce bus. Nous sympathisons avec nos voisins, un couple de français, d’origine bretonne, installés à Kuala Lumpur. Au fil de la conversation, voilà que l’on se rend compte qu’ils ont fait la même école d’ingénieurs qu’Edgar à Angers (bon avec 16 ans d’écart tout de même !) ce qui tout de suite donne matière à converser. Comme nous choisissons de descendre au même petit hôtel de Bagan, nous aurons donc une vraie soirée « revival » (tu as connu ce prof Machin ? Un tel, il n’était pas dans ta promo ? etc etc) soirée pendant laquelle j’arrive tout de même à récupérer, entre deux souvenirs cocasses, un tas d’infos pour notre séjour prochain en Malaisie (Clairette P, je ne t’oublie pas …ça va être génial !). C’est toujours mieux d’avoir les bons plans des gens qui connaissent le pays… Le petit village de Nyaung U, dans lequel on trouve l’essentiel des logements et restaurants est situé à quelques kms du site des temples de Bagan, « Old Bagan ». Autrefois, il y a avait là un village mais le gouvernement birman a décidé il y a neuf ans de nettoyer l’endroit en déplaçant les habitants en dehors de cette zone. Ils ont donc été priés de vider les lieux avec un préavis d’une semaine avant que les bulldozers viennent faire place nette…Plus d’habitations donc dans le vieux Bagan et une nouvelle ville, quelques kms plus loin : « New Bagan ». Nous choisissons l’option touristique classique ici : la visite des temples en calèche. Comme d’habitude, nous sommes un peu en retard sur la préparation et nous lisons en diagonale le Lonely Planet la veille au soir tard, afin de repérer les temples majeurs et de ne pas se laisser trop balader par le conducteur de la calèche. Finalement, c’est bien ce qui arrive : le petit gars connaît son tour par cœur, le site est vaste, les temples nombreux et comme nous n’avons pas de carte et toujours pas de sens d’orientation, nous renonçons assez vite à essayer de maitriser quoi que ce soit. Nous nous laissons guider : c’est agréable et reposant ! De plus, nous sommes émerveillés par le site. D’innombrables temples, de grandeur et de formes différentes émergent tout autour de nous, en briques rouge, en stuc blanc, le sommet doré ou pas. Au beau milieu de champs, d’arbres, de fleurs, une multitude de temples forme un paysage exceptionnel que nous découvrons sous un grand ciel bleu et un soleil de plomb (la chaleur est intense ici). Bagan fut capitale de la Birmanie du début du 11ème siècle jusqu’à la fin du 13ème siècle avant d’être ruiné par une invasion Mongole. A l’âge d’or (Marco Polo décrit le lieu à la fin du 13ème siècle), la ville comprenait 4446 temples. La richesse de ce lieu est presque digne d’Angkor mais la foule de touriste moindre bien entendu. Nous allons donc de temple en temple et selon un rituel bien rodé, laissons nos chaussures à l’entrée pour visiter l’intérieur, marchant dans la poussière et sur les cailloux (moi qui déteste marcher pieds nus et avoir les pieds sales, c’est un peu mon chemin de croix personnel !). Difficile de vous décrire les temples visités sans photos : je remets donc la séance à plus tard, à notre retour en terra interneta…Mais ils sont tous plus beaux les uns que les autres, chacun avec son charme particulier (peintures murales, statues monumentales de Bouddha, pierre finement sculptées, vue panoramique spectaculaire…) Nous les apprécions tous, les plus célèbres comme les moins connus que nous découvrons au détour d’un chemin ou derrière un bosquet d’arbres. Ce site est vraiment magique ! Les enfants quant à eux ont une très nette prédilection pour les temples dits « à escalader ». En effet, certains temples, moins visités, ne ferment pas l’accès aux terrasses supérieur et au dôme…certes, ça n’est pas très sécurité-sécurité d’escalader, pieds nus, un temple du 11ème siècle en brique , d’autant plus que certains sont très haut (ce sont les mieux forcement) mais les enfants adorent et arrivés en haut, waouh quelle vue !! Seul inconvénient de ces grimpettes : le soleil qui chauffe les briques et les rend brûlantes. Nous nous faisons ainsi tous très mal à la plante des pieds sur l’un des temples, escaladé à la mi-journée. Nous alternons donc les temples plus fréquentés et plus classiques où une nuée de petits enfants nous attend pour nous vendre des cartes postales, des bibelots divers, des bijoux de pacotilles, des offrandes de fleurs etc… avec d’autres temples où nous sommes les seuls visiteurs et où nous trouvons souvent quelques birmans assoupis à l’intérieur (parfois des familles entières venues profiter de la fraicheur du temple). C’est au moment de la pause déjeuner, qu’Edgar se rend compte soudain qu’il n’a plus de chaussures !! Il a dû les laisser à l’entrée d’un temple mais lequel ?? Le voilà, va nu pieds sur ce sol brulant ! Notre guide nous propose gentiment de refaire notre itinéraire à l’envers afin de les récupérer mais vu le nombre de temples déjà visités ça peut prendre un moment. Fort heureusement, sur le chemin, nous passons devant deux temples vus auparavant et dans le deuxième, que voit-on, seules, abandonnées, perdues : les sandalettes d’Edgar…! Après le repas, végétarien (c’est le guide qui nous emmène là, sous prétexte que par cette chaleur, il vaut mieux éviter la viande…soit, nous ne sommes pas contre même si nous pensons qu’il est plutôt soucieux de la commission que lui verse le restaurateur …), notre calèche reprend son chemin vers le temple suivant où cette fois c’est moi qui m’écrie « l’appareil photo, j’ai laissé l’appareil photo au restau ! »…demi tour du cheval dans la seconde (le guide parait s’être fait une raison et ne s’étonne plus), petit trot, restaurant en vue : l’appareil est toujours là, accroché par sa dragonne au dossier de la chaise…on peut dire qu’une fois encore, nous sommes plutôt chanceux ! Quelques heures et temples plus tard, c’est le moment tant attendu du coucher de soleil. Le petit jeune homme nous amène sur un temple duquel on domine tout le site. C’est l’endroit rêvé pour admirer un coucher de soleil sauf que le ciel est si nuageux maintenant que nous ne voyons absolument rien de l’astre solaire…je suis très déçue (j’adore les couchers de soleil et rater celui sur les temples de Bagan me contrarie énormément) et un quart d’heure avant la fin, Edgar qui déteste attendre lève le camp « de toute façon on ne verra rien de plus ». Et c’est sur le chemin du retour, alors que nous sommes déjà loin du site, qu’une trouée dans les nuages laisse poindre le soleil rougeoyant. Hélas, c’est trop tard pour nous… Je grommelle et rumine dans mon coin cette occasion manquée… Lundi 16 mai , nous avons prévu une excursion le matin au Mont Popa, à une cinquantaine de kms de Bagan avant de prendre le bus de nuit pour Yangon vers 17h. Nous nous sommes entendus avec une jeune française, Justine, rencontrée au lac Inlé puis de nouveau à Bagan, afin de partager les services d’un pick up Taxi. Rendez vous est pris pour un départ à 7h30 mais au réveil, Calixte est de nouveau fiévreux (maintenant tout va bien : la fièvre n’a duré qu’une journée) et il nous semble préférable de lui éviter les 3h de voiture et l’ascension au temple sous le soleil. Du coup, je pars seule avec Justine et Edgar reste avec les enfants à l’hôtel. La route qui nous mène au Mont Popa traverse de grandes plantations de palmiers sucriers (nous en visitons une au passage et achetons les délicieux petits caramels fabriqués artisanalement), puis devient montagneuse. Le temple en question est situé sur un promontoire rocheux spectaculaire et est connu pour sa population de singes qui a envahit les lieux. En effet, à peine arrivées et déchaussées, alors que nous commençons à gravir l’escalier interminable qui nous mènera au temple, et tout en prenant soin de ne pas marcher pieds nus sur l’une des nombreuses déjections qui souillent les marches, nous sommes abordées par ces créatures simiesques, habituées à être nourries par les visiteurs (de la nourriture disposée dans un cornet de papier journal est vendue à l’entrée). Des singes, il y en a partout : des grands, des petits, des mamans avec leur bébé sur le dos ou pendu à une mamelle, d’autre qui s’épouillent au milieu du passage ou qui se courent après sur le toit en tôle qui protège l’escalier menant au temple. Bref, de la vie, du bruit et de l’action, c’est l’idéal pour une série de photos et de vidéos sur la vie des singes !! De retour, après notre expédition au mont Popa, je rejoins ma petite famille et nous attendons dans le jardin de l’hôtel, entre deux doliprane, l’heure de prendre notre bus pour Yangon. Le programme est le suivant : arrivée au petit matin du 17 (ou en fin de nuit c’est selon comme on voit la chose) à la gare routière de Yangon, de là, il nous faudra trouver un autre bus afin de rejoindre Bago dans la journée…autant dire, encore un bon périple ! Commentaires : Quelques messages perso divers, plus faciles techniquement à faire passer par ici que par mail : @ Michel, Cécile F : merci pour vos comparaisons flatteuses, de Mme de Sévigné à C.De La Rochefoucault ! Ne soyez pas inquiets, je compte bien mener ce blog au bout. @ Claire P, Maï and Cie : je vous promets, les filles, que lors de mon CBL de retour, je vous dirai tout sur les birmans en jupe !! @ Flo : c’est promis, la photo d’Edgar en Marcel te sera spécialement dédicacée…(normal). Quant à ce qui est de mes talents d’écriture, je te remercie des compliments mais je ne pense pas continuer à mon retour (que pourrai-je raconter après tout ça?) En revanche, je crois que je vais plutôt rédiger des plans marketing à 5 ou 10 ans, des mails assassins aux fournisseurs ou des budgets prévisionnels….Bizzz aux Marcels (les vrais) @ Mathilde : un grand merci pour ton mail, qui m’a beaucoup touchée tu te doutes bien ! @ Cécile et Gérard : merci à vous pour le long mail bien reçu. Je vais faire des efforts pour aérer ma prose !! Nous vous embrassons bien fort. @ Boris : je suis très heureuse que tu suives ainsi nos aventures (j’espère que le prof de français est indulgent sur les fautes de syntaxe, de style et d’orthographe…c’est sûr, on est un peu loin de Balzac !!). Bizz à toute la famille. Et le meilleur pour la fin : Un très Bon Anniversaire à ma petite Maman. Je sais, je suis en avance mais ne sachant pas si nous aurons Internet le 21, je préfère devancer et t’assurer que je ferai observer une minute de recueillement aux enfants ce jour là !! Très grosses bises de nous 4 !

lundi 16 mai 2011

Trois jours à Mandalay

Après une nuit difficile dans le bus (et quelques arrêts incongrus notamment à 1h du matin où l’on vous sort du bus en plein sommeil pour manger…) nous arrivons le 11 mai à Mandalay. Il est 5h du matin. Le temps de trouver un hôtel, de faire une sieste réparatrice, d’avaler un petit déjeuner et nous voilà dans la rue où nous louons deux vélos à un petit monsieur qui se trouve là au bon moment. Lequel bonhomme semble très attaché à ses bicyclettes tant il nous fait plusieurs fois la démonstration de comment mettre la béquille, comment attacher l’antivol, nous recommandant maintes fois de bien faire attention à la circulation, de revenir faire regonfler les pneus si nécessaire… etc etc.. Ou quelque chose dans notre attitude lui inspire la plus grande méfiance (et franchement je ne vois pas bien pourquoi…nous ne lui avons raconté aucune de nos péripéties précédentes !) ou alors c’est dans sa nature… Nous atterrissons ensuite sur le trottoir d’en face où nous avons repéré un café internet. Mission : lire nos mails et poster le texte du blog. En fait, je prépare le texte la veille sur Word afin d’avoir la ponctuation (car ici les claviers sont en birmans ou en qwerty), je sauvegarde sur une clé USB et ainsi parés nous allons nous connecter (enfin Edgar tripatouille tant et si bien que nous finissons par déjouer tous les pièges et accéder au site) et recopions le texte sur le blog directement. Je vous assure que c’est à chaque fois une sacrée épreuve…d’autant plus que les coupures de courant sont très très fréquentes dans tout le pays et particulièrement à Mandalay et quand ça arrive alors qu’il ne reste plus qu’à cliquer sur le bouton « envoyer », forcément, ça énerve ! Bref, nous sortons vainqueurs (enfin surtout Edgar car moi je suis plutôt spectatrice) et enfourchons nos vélos pour nous rendre dans le cœur de Mandalay au le palais royal. En effet, Mandalay fut capitale du royaume de Birmanie à la fin du 19ème siècle et d’importants monuments furent édifiés pendant cette période. C’est le cas du Palais Royal, vaste ensemble d’une centaine de bâtiments en teck, entourés de murailles en briques et de larges douves remplies d’eau. Certes ce que nous visitons est une reconstruction à l’identique (tout le palais a brûlé pendant la seconde guerre mondiale), faite dans les années 90 (et d’ailleurs sujette à controverse car réalisée à l’aide de travaux forcés) mais cela donne une bonne impression du faste de la cour et du type d’architecture en vogue à l’époque. Autant les averses d’Inlé rafraichissaient nos journées, ici, point une goutte d’eau à l’horizon (et je ne croise pas les doigts en tapant sur mon clavier moi !), il fait une chaleur terrible (33° le matin à 7h, 37°-40° en journée et 32° le soir, vérification faite sur la montre thermomètre/boussole d’Edgar). Heureusement, il y a partout des vendeurs ambulants de jus de fruits frais qui font notre délice (celui à l’ananas avec pulpe et jus de citron vert sur glace pilée est un pur délice… j’en ai même fait des photos..). Le lendemain, grande journée autour de la colline de Mandalay, qui surplombe la ville et lui a donné son nom. Du haut, vue imprenable et inévitable temple avec ses statues qu’il convient d’arroser régulièrement : ce dont se chargent Adélie et Calixte avec le plus grand empressement (le bouddhisme plait bien aux enfants : il y a pleins de rites qu’ils trouvent rigolos). Mandalay est une ville de pagodes et de monastères et plus de 50% des moines du pays y vivent. Nous croisons donc partout ces silhouettes enroulées dans des tissus bordeaux (et non plus jaune safran comme ailleurs en Asie du Sud Est) que se soit dans la ville, les temples ou les monastères qui sont de véritables lieux de vie où les moines dorment, mangent, étudient et prient. Le plus beau d’entre eux est le monastère de Shwenandaw ou Golden Palace Monastery, seul bâtiment original encore intact, tout en teck sculpté : une véritable splendeur. Le bois de teck est ici le matériau noble par excellence et j’y suis d’autant plus sensible que, lorsque je travaillais chez Lapeyre, le seul mot de« teck », provoquait un silence angoissé dans la salle depuis qu’une action spectaculaire de militants Greenpeace enchainés une journée entière aux portes d’un magasin pour protester contre l’importation de ce bois menacé, avait quelque peu écorné l’image de l’enseigne…à l’avenir, les chefs de produits concernés étaient priés de trouver des substituts… Mais là, ce n’est que teck partout et en quantité incroyable : des piliers énormes, des portes massives sculptées, des cloisons entières…c’est magnifique ! Le soir, nous entreprenons d’aller à un spectacle de marionnettes traditionnelles birmanes. Le théâtre est un peu loin, alors nous enfourchons nos vélos et partons dans la nuit, sans lumière avec juste l’éclairage publique, autant dire pas grand-chose. Comme nous ne sommes pas les seuls sans lumière, chaque croisement de routes est assez scabreux mais nous arrivons finalement au théâtre, où nous sommes…les seuls spectateurs !! Pourtant, il s’agit d’une troupe connue, recommandée dans tous les guides mais il est clair qu’il y a peu de touristes en Birmanie d’autant plus que c’est le début de la basse saison (nous avons vu, le matin, une européenne, de dos, en short dans une pagode et depuis plus rien). C’est toujours un peu gênant d’être deux à applaudir une troupe d’une douzaine d’artistes (6 musiciens et 6 marionnettistes) mais, comme me souffle Edgar, « si nous n’étions pas venus, ils auraient eu personne ». Certes, mais je regrette quand même un peu que nous ayons négocié les places gratuites pour les enfants…N’empêche, le spectacle est de qualité. Nous passons un agréable moment et sommes conquis par la gentillesse et la prévenance de la troupe, aux petits soins pour nous. Le lendemain, 13 mai, nous avons organisé une journée de visites en dehors de Mandalay, dans les « anciennes capitales », redevenues de petits villages tranquilles en pleine campagne. Mais il reste quelques vestiges intéressants et la promenade vaut surtout pour les paysages qu’elle nous offre. Pour cela, nous avons négocié avec un chauffeur de taxi local pour qu’il nous promène toute la journée. Rien que le taxi est extraordinaire : c’est une toute petite voiture en tôle bleue, avec l’arrière aménagé en pick up couvert. Une Mazda de 60 ans (oui, oui vous avez bien lu : 60 ans !) qui ne roule pas bien vite avec un bruit de 2 chevaux Citroën… Première station : la célèbre pagode Mahamuni Paya. Deuxième haut lieu de pèlerinage après celle de Yangon, cette pagode est remarquable par son immense et antique Bouddha de 4m de haut et totalement recouvert de feuilles d’or. Avec les années et les couches superposées, on distingue de moins en moins bien ses formes (il a les doigts tout boudinés et quasi collés les uns aux autres) mais il règne ici une ferveur bien palpable. Les hommes de la famille sont invités à s’approcher de la statue afin d’observer les fidèles en pleine application du métal précieux tandis que nous les filles restons sagement en retrait (l’endroit est interdit aux « ladies » comme l’annonce un panneau en anglais) ruminant sur l’inégalité des sexes… Dans les allées adjacentes, notre chauffeur nous montre des photos du leader de la junte birmane en pèlerinage avec toute sa famille. Hochements de tête polis de notre part (on ne va se compromettre et prendre des positions hasardeuse maintenant), mais notre guide se penche et souffle dans l’oreille d’Edgar « Governement no good ». Plus tard, à l’abri de l’habitacle du taxi et avec les quelques rudiments d’anglais qu’il maitrise, il explique que les militaires et la police prennent de l’argent partout, qu’ils sont très riches et que leurs espoirs reposent sur Aung San Suu Kyi (la célèbre dissidente, prix Nobel de la paix et récemment relâchée après avoir passé plus de 7 ans assignée à résidence). Il est très dangereux pour les Birmans de parler de politique en public, surtout à des étrangers car le système d’espionnage est efficace et partout présent… Ceci dit, tous les Birmans avec qui nous avons échangé nous ont glissé à un moment ou un autre « Governement/army not good ». Le temps des confidences passé, nous abordons la ville de Sagaing et sa fameuse colline. Comme la montée est réputé difficile, nous laissons le moins motivé (Calixte) en bas avec le chauffeur. En effet, l’ascension est harassante, abrupte sous une chaleur terrible, nous arrivons tous les trois dégoulinants de sueur, la langue pendante mais le panorama en haut vaut l’effort : d’innombrables stupas dorés entourés d’arbres en fleurs se profilent aux alentours tandis qu’au loin les ponts en fer enjambent la rivière Ayeyarwady. C’est superbe ! Et, alors que nous nous préparons à redescendre, voilà que débouchent en haut des marches, notre petit Calixte, accompagné de notre conducteur, tout heureux de nos mines surprises Après un repas marqué par une démonstration de gentillesse du restaurateur qui offre un tee shirt marcel à Edgar (avec une pub pour une bière locale au dos !!), nous rejoignons la ville d’Inwa. Adorable petit village qui fut capitale du royaume pendant 400 ans, accessible uniquement par bateau et dont les principaux vestiges se visitent à bord de calèches brinquebalantes sur des routes cabossées. Pagode, tour de guet et encore un sublime monastère en teck où officie un moine maître d’école achèvent de nous ravir ! Nous terminons cette journée bien remplie par Amarapura et une promenade sur le pont U Bein, le pont en teck le plus long du monde (1,2 km et 1000 plots en bois). Cet ouvrage de plus de 200 ans est uniquement piéton et nous permet d’observer la vie quotidienne des habitants de la région : pêcheurs, fermiers moissonnant le riz manuellement, berger faisant traverser un troupeau de zébus à la nage, moines traversant le pont, la tête protégée du soleil par un pan de leur robe…Il y a tant de sujets d’étonnement et de paysages admirables ! Quelle frustration de ne pas pouvoir vous joindre les photos… Nous rentrons enfin au bercail et préparons nos sacs pour un départ tôt le lendemain, en bus, pour Bagan.

mercredi 11 mai 2011

Lac Inlé via Pindaya

Samedi 7 mai, nous partons en voiture pour le Lac Inlé en faisant un crochet par Pindaya et sa fameuse grotte aux 8000 Bouddhas. C’est notre logeuse de Kalaw qui nous a arrangé ce voyage en louant les services d’un chauffeur. Cette fois la voiture, bien que vétuste, possède un coffre suffisamment grand pour tous nos bagages et, grand luxe, ses deux essuies glaces fonctionnent (ce qui n’est pas le cas du compteur de vitesse, ni de la jauge essence mais avouez que tout cela est superflu)… Les 2 heures de trajet jusqu’à Pindaya nous permettent d’expérimenter, de jour, le concept de route Birmane (de nuit, on avait rien vu). Il consiste en une seule voie goudronnée, avec nombreux trous et raccommodages, et servant pour les deux sens de circulation. Cette route est bordée de bas-côtés en pierres et terre qui permettent, lorsqu’arrive un véhicule en sens inverse (c’est inévitable), que chaque conducteur se fasse la civilité de se déporter à moitié sur sa droite…Voilà, c’est tout simple mais ça ralentit bien l’allure et c’est sans compter sur les troupeaux de zébus, buffles ou autre piétons et chiens qui peuvent « encombrer » ces fameux bas côtés. Alors là, la technique reste de klaxonner très fort (en espérant que ce petit monde s’envole ?) ou de s’arrêter le temps de laisser passer le véhicule d’en face…je rappelle aussi que quasiment toutes les voitures ont le volant du mauvais côté (à droite au lieu d’à gauche), ce qui ne facilite pas la visibilité… Bref, la conduite ici, c’est tout un art ! Pindaya se trouve en pleine campagne et nous sommes frappés par la vie agricole qui s’y déploie. Dans un décor de carte postale, au milieu de rizières et de collines, nous voyons les paysans labourer à l’ancienne avec des attelages de zébus, des charrettes à cheval transporter la main d’œuvre dans les champs et des jeunes enfants chevaucher d’énormes buffles. Je fais arrêter le chauffeur pour immortaliser tout cela en répétant « c’est incroyable, c’est incroyable ». Mais si, on dirait bien que nous avons fait un bond dans le passé. Pindaya est une petite ville de campagne avec un centre ville dominé par son marché en bois où le dédale d’ échoppes me fait un peu penser aux puces de St Ouen (dans la vieille partie classée) ; quelques voitures et deux roues circulent mais ce qui frappe c’est la présence de carrioles à cheval qui servent de taxi. La ville est dominée par un énorme temple-monastère construit à flan de montagne, au dessus d’une grotte où l’on peut admirer (et prier) devant des milliers de statues de Bouddhas. Il y en a de toutes tailles, de toutes sortes (dorées, laquées blanc ou noirs, avec ou sans auréoles clignotantes etc), dans toutes les positions (que l’on ne se méprenne pas, tout cela reste bien respectable !) et dans tous les coins et recoins (sur les murs de la grotte, au plafond, dans des niches accessibles uniquement à genoux)…c’est surprenant, intéressant, amusant…et les enfants s’en donnent à cœur joie, se faufilant dans les cachettes. Nous continuons notre trajet en voiture et arrivons à Nyaungshwe, village de base pour le lac Inlé dont le seul défaut est le nom imprononçable. En dehors de cela, l’ambiance est sympathique, routarde (Inlé c’est l’un des grands spots touristiques de la Birmanie) avec des restaurants de pizzas (c’est dire !). Nous allons y rester trois jours : faire du vélo le premier, du bateau le second et du canoë le troisième, avant de prendre un bus pour Mandalay le soir du troisième jour (chouette, encore un voyage de nuit…). Dimanche 8 mai, jour férié et jour de vélo. Après avoir trouvé deux bicyclettes avec un porte bagage sur lequel on aura délicatement attaché une grosse serviette pour ne pas trop endolorir les petits derrières de nos enfants, nous voilà parti avec le programme ambitieux de longer la rive Est du Lac, traverser en bateau et revenir par la rive Ouest. Nous avons en tout et pour tout, deux petits plans donnés par l’hôtel (un de la rive Est et l’autre de la rive Ouest), une boussole et notre fameux sens de l’orientation. Malgré les indications du loueur, nous peinons déjà à trouver la rive du Lac et nous nous faisons balader à droite et à gauche avant de finalement trouver le bon chemin. Il fait grand beau temps, le chemin est joli, nous regardons la vie dans les champs (beaucoup de canne à sucre ici), il y a pleins de travailleurs qui raclent, binent, labourent, sèment…des femmes le plus souvent, avec des jeunes enfants qui gambadent autour (pas de système de crèche apparemment !). Les gens nous sourient et nous font des petits signes de la main « Mingalaba, Mingalaba » (bonjour, bonjour) Je pédale allégrement jusqu’à ce qu’Edgar opère un hold up sur mon vélo et suggère un échange de monture (genre la Grande Vadrouille !) sous prétexte que je suis plus petite que lui et que le guidon de sa bicyclette est trop bas….effectivement, il est bien trop bas et pas que pour lui, d’ailleurs ! …je roule maintenant le dos cassé et j’ai un peu l’impression de m’être fait berner sur ce coup là… Nous finissons par atteindre le lac et le traversons à bord d’un bateau en bois : c’est vraiment très très beau. La surface lisse de l’eau, la lumière parfaite, les jacinthes d’eau à la surface, les maisons en bois sur pilotis, les longues barques en bois des pêcheurs au loin…waouh ! c’est un choc, je suis émue ! Arrivés de l’autre côté du lac, nous sortons les vélos et là, paf, celui d’Edgar (enfin l’ex mien) est à plat ou crevé, on en sait rien. Va falloir trouver un endroit pour réparer. Nous errons un peu dans le village avant de trouver le nécessaire (une pompe quoi). Il est maintenant 11h30, il fait de plus en plus chaud et nous avons hâte de rentrer. Nous passons sur le deuxième plan, celui de la rive Ouest, pensons nous y retrouver et c’est parti. Sauf qu’au bout d’un moment rien ne correspond plus, ni le chemin, ni le plan, ni la boussole. En plus, nous n’arrivons pas à nous souvenir du nom de la ville imprononçable et pas de chance, il n’est noté nulle part sur le plan ! C’est pratique pour demander son chemin…Edgar s’explique avec un Birman juché sur le dos d’un buffle (la photo est géniale !), qui nous envoie à travers de sublimes rizières, nous redemandons notre chemin, nous nous retrouvons à gravir une énorme côte et, alors que je finis à pieds en poussant le vélo avec Adélie sur le porte bagage, transpirant et l’estomac criant famine, Edgar m’accueille en haut en me disant qu’on s’est trompé, que l’on a tout monté pour rien car la ville est de l’autre côté. Là c’est trop pour moi, je plante le vélo sur le bas côté et vais m’asseoir à la table du petit boui boui qui se trouve là. Je n’en peux plus, vite de l’eau et à manger : tout le monde se plie en quatre pour nous sustenter (une soupe de nouilles, excellente d’ailleurs). Bon me voilà calmée, prête à reprendre la route et finalement 20 mn plus tard nous sommes aux abords de la ville, juste avant le gros orage quotidien. Ouf, il était temps ! Mais que de beaux paysages dans la tête… Le lendemain, lundi 9 mai, c’est la grande excursion en bateau. Le lac Inlé fait 22 kms de long sur 11 kms de large, il ne compte pas moins de 17 villages construits sur pilotis et peuplés d’une minorité, les Inthas. Nous embarquons tous les quatre dans une grande pirogue en bois motorisée. Calixte qui n’est pas très en forme est avachi sur son siège, engoncé dans un gilet de sauvetage tandis qu’Adélie trépigne d’impatience son appareil photo en main (à nous deux nous ferons plus de 700 photos sur cette journée !!). Nous avons tout le temps de voir les pêcheurs en action : qu’ils utilisent le filet classique, les nasses ou plus impressionnant, qu’ils frappent la surface de l’eau avec de grands gourdins afin de rabattre les poissons dans des filets posés plus loin, rien ne nous échappe. De plus, les pêcheurs du Lac Inlé ont une façon très particulière de ramer, que l’on ne voit qu’ici, debout avec un seul pied ! Je m’explique, l’homme est debout, un pied sur le plat-bord arrière du bateau et l’autre pied au dessus de l’eau, tenant la rame. Il godille ainsi avec sa jambe enroulée autour de la rame et garde ses deux mains pour lancer le filet ! C’est très spectaculaire et nous les mitraillons sous toutes les coutures… Notre bateau se promène à travers les villages sur pilotis, nous permettant d’approcher la vie quotidienne de ses habitants : scènes de lessives, de bain, de vaisselle, d’enfants jouant dans les pirogues ou s’entrainant à pagayer, de personnes âgées devisant sur le pas de la porte…et encore bien d’autres scènes sont scrupuleusement archivées dans mon répertoire photos ! Le Lac Inlé est également fameux pour ses marchés très colorés, qui tournent de village en village. Là encore, je me lâche sur quelques belles séries de photos « ethniques »… Mais Calixte ne va pas mieux : il est maintenant brulant de fièvre et montre des signes de diarrhées (c’est pratique sur un bateau…). Heureusement, nous investissons les toilettes d’un monastère juste à temps ! Nous l’installons le plus confortablement possible dans le bateau sous un parapluie pour le protéger du soleil (il va mieux maintenant, rassurez vous, nous lui avons donné des médicaments à notre retour) et il chantonne dans son coin… Visite, l’après midi d’un monastère dit « jumping cat monastery » où les moines s’illustrent en apprenant à des chats à sauter à travers un cerceau...un peu bizarre mais ça amuse les enfants (Calixte retrouve un semblant d’intérêt à ce moment précis) et surtout, le monastère, tout en bois, possède un charme particulier qui nous touche. Et tout autour du monastère, de très grands potagers flottants avec essentiellement des plantations de tomates qui feraient pâlir d’envie quelques jardiniers que je connais dans la région d’Abbeville ( !!). Nous rentrons en début d’après midi, cette fois encore avant l’averse diluvienne que nous regarderons du haut de notre terrasse, pendant les cours donnés aux enfants. Encore une bien belle journée ! Mardi 10 mai : une pensée pour mon frère Charles-Louis qui a 37 aujourd’hui (pourvu qu’il ait reçu à temps notre carte expédiée du Cambodge il y a plus d’un mois) ! Journée tranquille normalement, puisque nous nous sommes entendu avec le jeune homme employé de l’hôtel et qui fait aussi des promenades en canoë, pour qu’il nous emmène en début d’après midi. Le bus est à 18h, nous partons à 12h30 avec l’espoir de rentrer vers 15h30 afin d’avoir tout le temps d’aller ensuite récupérer le bus à 11kms de là. A la différence d’hier, où nous étions sur le lac dans un bateau à moteur, nous sommes aujourd’hui à bord d’une pirogue à fleur d’eau, avec le petit jeune homme qui rame le long de petits canaux qui serpentent entre les potagers et les maisons. C’est calme et notre guide nous gratifie de la fameuse façon de ramer avec les pieds propre à la région. Il fait beau et nous comptons sur un brin de chance pour que la promenade se fasse sans averse. Peine perdue, la pluie s’abat soudainement et nous avons juste le temps de nous réfugier à l’abri d’un monastère planté au milieu des rizières, où nous sommes accueillis à bras ouvert par le seul moine des lieux, manifestement ravi d’avoir de la visite ! Il nous amène des bananes, nous prie de faire le tour des lieux, de photographier la vue sur les rizières et mobilise toutes ses connaissances des personnalités françaises pour nous amuser : « Nicolas Sarkozy ! Jacques Chirac…. » Nous avons ainsi droit à la liste anté chronologique des dirigeants français jusqu’au maréchal Pétain !! Incroyable ! Il nous fait même une imitation de De Gaulle « Français, Françaises », nous fait revivre le 3-0 du France Brésil de 1998, nous parle de Brigitte Bardot, du Maréchal Foch, du Mont St Michel, de la Tour Eiffel…. Il est vraiment très drôle et chaleureux. Nous faisons pleins de photos de lui avec les enfants et toute la famille et finissons par écrire un mot sur le livre d’or du monastère. Nous avons passé un excellent moment ici mais la pluie s’est calmée et nous reprenons notre visite. Pas pour longtemps puisqu’un quart d’heure plus tard, rebelote, la pluie redouble de violence et c’est sous la tôle ondulée d’un stupa, lui aussi au milieu des rizières, que nous attendons plus d’une demi heure avant de décider, l’heure passant (nous avons un bus à ne pas louper) de partir malgré tout. A l’arrivée, le pauvre petit rameur est bien sûr trempé jusqu’aux os tandis que nous ne valons pas beaucoup mieux malgré nos Kway et parapluies… Une douche rapide et quelques vêtements secs plus tard, nous avons juste le temps de monter dans le taxi qui nous conduit à l’arrêt de bus : direction Mandalay…

samedi 7 mai 2011

Kalaw : étape vers le Lac Inlé

Yangon, mercredi 4 mai : nous nous préparons pour notre premier trajet en bus sur les routes birmanes…Départ prévu à 15h, 13h de trajet, arrivée théorique à 4h du matin : pratique ! Pendant que je reste à l’hôtel afin de faire classe aux enfants, Edgar part faire quelques courses en ville. Il doit encore changer de l’argent, poster sur le blog le message que j’ai préparé la veille, acheter quelques bricoles pour le voyage….etc…Mais alors que je termine les cours sur la terrasse, une violente averse éclate…impressionnant ! et le pauvre Edgar qui est dehors ! Il est 10h30, nous devons libérer la chambre à midi. Mais à midi, toujours personne, nous attendons tous les trois dans l’entrée de l’hôtel avec les sacs, alors que le déluge continue. Je commence à m’inquiéter quand il apparaît enfin, totalement noyé, nous racontant que les rues de la ville se sont remplies d’eau en quelques minutes et qu’il a dû traverser des routes avec de l’eau jusqu’aux genoux ! Incroyable…il y a même 2cm d’eau au fond de son petit sac à dos… Nous nous engouffrons sans tarder, dans un taxi lilliputien (je suis assise avec les enfants à l’arrière avec un gros sac à dos sur les genoux car ça ne rentre pas dans le coffre), pour 3/4h de route jusqu’à la station de bus et toujours sous la pluie battante (il n’y a qu’un seul essuie glace qui fonctionne mais ça n’a pas l’air de gêner le chauffeur plus que ça). Là bas, nous atteignons notre bus qui, à l’heure prévue, sort du stationnement et s’arrête ... Panne… nous avons fait 500m maxi. Attente, bricolages divers et au bout d’1h30, changement de bus avec tous le chargement (cartons, sacs de riz, bagages etc). Cette fois, c’est le bon : le bus roule, l’air conditionné est à fond :Edgar se gèle avec ses habits trempés.. à la première halte, il achète une jupe birmane (en vrai, ça s’appelle un Longui et pas un Doti comme un Inde), tente de le nouer sous les regards ébahis et amusés des autres passagers (nous sommes les seuls étrangers) avant qu’un monsieur prenne pitié et lui fasse son nœud ! Le bus s’arrête au bout de quelques heures sur une aire spéciale, pour manger. Là encore au restaurant, nous sommes l’attraction de la soirée et mangeons notre plat de riz sous les regards d’une nuée de petits serveurs (tous bien jeunes…), debout derrière nous ! Nous sommeillons le reste du voyage dans nos siège inclinés avant d’être largués à Kalaw, un peu vaseux, à 4heures et demi du matin. Heureusement, il vient juste de s’arrêter de pleuvoir et une jeune femme qui attend là, nous prend en charge, nous indiquant un hôtel à côté, qui reste ouvert toute la nuit. Pas de bol, c’est complet. Elle nous emmène alors dans un café, nous recommandant de patienter jusqu’à 6h, heure d’ouverture générale. Au passage, elle nous glisse sa carte de guide de randonnée…Nous patientons donc avec café, thé et chapati, regardant le jour se lever sur la ville Après avoir trouvé, un hôtel très agréable et fais une petite sieste, nous partons en repérage. Nous avons de la chance car aujourd’hui, c’est jour de grand marché à Kalaw, où les gens des tribus vivant dans les montagnes alentours viennent vendre leurs fruits et légumes. Alors là, nous nous régalons : il y a de l’ethnique partout, des couleurs, des habits traditionnels, des coiffes, des visages…c’est superbe ! Heureusement, que je ne peux pas mettre de photos car vous auriez été submergés !! Kalaw est une petite ville charmante, entourée de collines verdoyantes avec de nombreux villages dans lesquels vivent des minorités ethniques différentes. C’est une région connue pour ses trekking qui peuvent aller jusqu’à 3 jours afin de rejoindre le fameux Lac Inlé. On y trouve aussi, une importante communauté népalaise (ce sont des descendants des célèbres guerriers Gurkhas, venus avec l’armée britannique pendant le seconde guerre mondiale) ce qui nous vaut un brin de nostalgie en trouvant du « dhal bhat » au menu du midi (plat de lentilles traditionnel népalais que nous avons mangé midi et soir pendant 3 semaines lors de notre voyage au Népal il y a 13 ans…impossible de remanger des lentilles pendant plusieurs années après ! ). Après avoir fait le tour de Kalaw, essuyé une grosse averse (décidemment notre voyage ici sera marqué par la pluie) et nous être abrités dans un temple pendant la séance de méditation des moinillons (trop mignons !), nous allons voir notre guide du matin (celle du bus, j’espère que vous suivez !) et décidons avec elle de faire un trek d’une journée le lendemain…Nous allons aller jusqu’à un village Palang (une ethnie de la région) par un joli chemin sans pas trop de dénivelé, manger dans un petit restau népalais en pleine montagne, traverser quelques autres villages et revenir. Bon, c’est sensé ne pas être dur mais il faudra quand même marcher 6-7h ! De retour à l’hôtel, je suis un peu inquiète : les enfants vont-ils tenir le coup ! Une journée entière de marche en montagne, c’est une première. Va falloir invoquer toutes les bonnes ondes et les bons gènes de Grand Papa, dit Philippe des GR, randonneur émérite et guide Nature de son Etat (oui parfaitement), pour tenir le coup !! Le lendemain matin, 6 mai, grand soleil, nous partons avec notre gentille guide, toute souriante (son mail : thuthu.klw@gmail.com). Elle s’apelle Toe Toe (ça se prononce TOTO et ça fait rire les enfants forcément), a 33 ans, deux enfants et se lève tous les jours à 2h du matin pour attendre les bus qui arrivent de Yangon entre 2 et 4h…elle nous raconte son mariage, arrangé par ses parents (comme cela se pratique couramment en Birmanie) à 17 ans, avec un homme qu’elle ne connaissait pas avant…mais que les traditions changent et que sa nièce de 23 ans, elle, n’aura pas ce même destin. Elle est très agréable et nous apprenons pleins de choses sur la flore, les traditions, les coutumes…les enfants sont contents, ils ne rechignent pas à marcher, le paysage est magnifique, bref tout va bien et nous arrivons ainsi au village au moment où une belle averse nous tombe dessus. Nous trouvons refuge chez l’habitant et buvons un thé dans une maison traditionnelle en bois. C’est l’occasion de voir comment on vit en pleine montagne. Pas d’électricité (juste un gros générateur pour tout le village, le soir), pas d’eau courante, un feu de bois dans un coin de la pièce (ça éloigne les moustiques le soir), quelques assiettes et gobelets à côté, des matelas roulés dans un coin, aucun meuble dans cette unique pièce où vivent deux familles. L’ensemble est très spartiate ! La jeune femme qui nous reçoit a un bébé de quelques mois, je fais donc quelques photos d’elle et de son bébé que j’enverrai à notre guide plus tard. Au bout d’une heure, la pluie s’est un peu calmée et il nous faut quand même continuer notre chemin…dans la boue qui colle aux chaussures et nous fait glisser comme sur une piste de ski ! Petite halte au monastère du village suivant où pleins d’enfants trainent partout, sales, à moitié en guenilles. Toe Toe nous explique qu’en ce moment, c’est les grandes vacances, qu’il n’y a pas école pendant 3 mois ( !) et que les enfants pauvres se retrouvent souvent pris en charge dans les monastères, nourris, logés le temps qu’il faut. Enfin, nous arrivons au restaurant népalais : repas de chapati, de curry de légumes et de mangues avant de prendre le chemin du retour, à travers des paysages de rizières et de collines verdoyantes. Nous atteignons Kalaw à 18h au coucher du soleil… les enfants auront marché plus de 7h sans râler et en y prenant plaisir ! Leur grand père peut être fier de ses petits enfants (mais pas autant que nous, à vrai dire j’étais époustouflée !). Demain, samedi 7 mai, nous quittons Kalaw pour le Lac Inlé en passant par Pindaya où se trouve une grotte célèbre pour ses innombrables statues dorées de Bouddha (on en compte, parait-il, plus de 8000). PS : merci pour vos encouragements a continuer malgre les difficultes techniques....

mercredi 4 mai 2011

Yangon : premiers pas en Birmanie

Pour les raisons que vous connaissez, je ne peux assurer une mise à jour « normale » du blog…vous allez donc devoir vous contenter uniquement de ma prose (je ne sais pas combien vont lâcher en route mais je prends le risque !) et je pense faire un rattrapage photos plus tard. Désolée donc, je vais devoir être plus concise (ça c’est un véritable défi)…. mais quant à vous, ne le soyez pas sur les commentaires, ils seront toujours très appréciés !! Dimanche 1er mai : nous arrivons à Yangon, Birmanie, par un vol Air Asia à moitié vide (ou à moitié plein c’est selon). A peine 1h30 de vol et pourtant dès notre arrivée, nous sentons que l’écart avec la Thaïlande va être immense…Réglage de nos montres : ici, le décalage horaire est de….. 30 mn en moins !! Bizarre, bizarre mais bon. Nous montons dans un taxi qui nous conduit en centre ville. En Birmanie, on roule à droite (alors que c’est une ancienne colonie britannique) mais la plupart des voitures ont le volant pour une conduite à gauche ! C’est moins cher (les taxes) nous explique le chauffeur…re bizarre ! Nous trouvons une Guest House bien placée dans laquelle nous avons une très grande chambre avec une mezzanine et des coins et recoins qui enchantent les enfants. L’hôtel possède une terrasse sur le toit avec des hamacs et de laquelle nous découvrons notre premier panorama de la ville, avec au loin, le monument emblématique de Yangon : la Pagode Shwedagon. Pagode que nous programmons de visiter le lendemain matin. Nous y allons à pied ce qui nous permet de prendre connaissance avec la réalité du terrain ! Tout ici est surprenant. C’est comme ci nous avions été transporté dans un autre espace temps. Pas de tours ultra moderne comme à Bangkok mais des immeubles coloniaux ou années 60-70, qui auraient bien besoin d’entretien ; des trottoirs avec des trous partout, laissant souvent apparaître un système d’égout antique, dans lequel il faut prendre garde à ne pas tomber lorsque la nuit venue, l’éclairage approximatif ne vous permet pas de voir bien loin… Les ordures sont partout, la chaleur moite, les odeurs de nourriture omniprésentes (comme partout en Asie, les rues sont de véritables cantines et cuisine à ciel ouvert), des cafards énormes courent sur le béton et bien sûr, tous les copains de Ratatouille sont là aussi !! C’est horrible, je me retiens de ne pas hurler à chaque apparition… Notre hôtel est situé dans le quartier indien de Yangon (empire Britannique aidant), du coup, c’est un peu Little India ici : les hommes sont plutôt grands, minces, foncé de peau et portent tous le Doti, cette grande jupe que l’on voit aussi dans le sud de l’Inde (c’est sûr que là une photo sera bienvenue car finalement je trouve ça assez élégant…). Les temples sont hindoues avec une esthétique, une statuaire et des rites différents des autres pays bouddhistes alentours. La nourriture est franchement indienne : partout des stands de chapati, paratta et autres nans… Les femmes et les enfants sont barbouillés d’une espèce de peinture blanche sur le visage dont nous ne savons pas exactement la signification tandis que les hommes mâchouillent des préparations à base de Béthel enroulé dans une feuille, et qui leur font la bouche et les dents toutes rouges…c’est un commerce lucratif apparemment car il y a des vendeurs à tous les coins de rue… Arrivés à la Pagode de Shwedagon , nous nous laissons entrainer par la ferveur des lieux. Il est vrai qu’il s’agit du temple le plus sacré de Birmanie, datant de 2500 selon la légende mais plus probablement construit entre le VI ème et le Xème siècle (d’après les archéomogues), doré et redoré à la feuille d’or au fil des ans, avec une profusion de stupa, statues de Bouddha assis, debout, couché…C’est un émerveillement devant tant de dorures et de décorations. Nous faisons donc nos dévotions en recommandant particulièrement la petite Julia, récemment arrivée parmi nous (je l’avais promis à ses grands parents, c’est chose faite !). Nous sommes d’ailleurs aidé en cela par un moine qui nous prend en charge et nous trimbale de Bouddha en cloche, nous expliquant les rites (là , il faut arroser 7 fois la statue, ici, frapper 3 fois la cloche etc…) et allant jusqu’à nous « bénir » et faire une « prière » avec nous…Et bien sûr, à la fin, il nous demande si l’on veut bien faire une petite donation pour l’aider dans ses études etc… Edgar qui n’aime pas qu’on lui force la main maugréé derrière, me charge de lui donner un billet espérant que le moine ne pourra accepter d’argent d’une femme,(ce qui fut le cas)…moi, naïve, je n’avais rien vu venir bien sûr… Nous finissons notre visite lorsqu’éclate une énorme averse : la saison des pluies qui débute en juin est apparemment en avance (c’est bien notre bol) et le déluge est impressionnant mais de courte durée. En fin d’après midi, nous allons au bord de la rivière où bateaux et ferry assurent le transport de passagers. C’est là également que se trouvent quelque uns des plus beaux bâtiments coloniaux, certains dans un état de délabrement avancé (là aussi en temps normal, les photos aident bien à illustrer le propos…). Dans Yangon, la circulation est assez curieuse : des bus antédiluviens, sales, bondés, circulent sur les grandes avenues avec voitures et taxi et curieusement, absolument aucun deux roues. C’est très surprenant de voir une capitale asiatique sans scooters ni mobylettes ! Bien entendu, l’ambiance générale s’en ressent : beaucoup moins de bruit et de pollution qu’ailleurs mais aussi ce sentiment de faire un tour dans le passé…Comme me dit Edgar « c’est tout à fait l’Inde il y a 20 ans », bon, ok, je le crois sur parole car moi il y a 20 ans, j’étais pas en Inde mais à Abbeville ! Lorsque le soir, nous avisons un Internet Café, on se rue dedans, en se disant que nous allons pouvoir donner quelques nouvelles fraiches à nos familles (les pauvres qui se rongent les sangs, à l’affut de quelques signes de vie !)…Hélas, accès refusé à Yahoo et au blog ! Voilà donc à quoi ressemble la censure. En fait, il possible de surfer sur certains sites d’informations internationales (nous apprenons la mort de Ben Laden, c’est déjà ça) mais impossible de communiquer vers l’extérieur. Nous changeons d’internet café, afin de vérifier tout cela et nous tombons sur une gérante qui apparemment s’y connaît en contournement de la censure : elle montre à Edgar un plan pour accéder malgré tout à Yahoo via des sites de redirection…c’est long, très long mais nous arrivons finalement à lire notre courrier et à envoyer nos premiers messages (oui Maman, nous sommes toujours en vie). Mais, c’est sûr que cela doit être frustrant de ne pas pouvoir communiquer avec l’extérieur, nous l’expérimentons à notre petite échelle et ne pouvons que compatir avec les Birmans… Le lendemain, mardi 3 mai, petite journée tranquille avec visite du centre ville construit autour d’un stupa doré, datant de plus de 2000 ans, la Sule Pagoda, et qui sert désormais de rond point à la circulation ! Mais c’est tout de même un bel endroit qui brille de mille feux sous les rayons du soleil (bien revenu aujourd’hui, il fait une chaleur atroce). Autre mission du jour : changer de l’argent. C’est un moment délicat car ici point de banque, point de distributeur mais des changeurs dans la rue (plus ou moins dignes de confiance), dans les hôtels ou dans les bijouteries. La monnaie locale est le kyat (1100 k = 1€ ), non convertible en dehors du pays bien évidement, et que l’on peut obtenir en échange de dollars ou d’euros, à la condition express que les billets soient absolument impeccables, pas froissés, pas pliés, comme neufs…Les changeurs sont intraitables sur ce sujet, c’est bien connu, nous avons lu des tonnes de messages sur les forums, les guides etc…gros stress donc avec nos billets de 500 euros qu’Edgar presse amoureusement depuis plusieurs jours sous tout un tas de livres et sacs divers (là aussi j’ai une super photo…dommage !). Si, on ne nous accepte pas les billets, nous n’avons plus qu’à repartir car nous n’aurons pas de quoi finir notre séjour avec nos quelques dollars du départ. Finalement, nous échouons dans une bijouterie d’un marché recommandé dans tous les guides, où la transaction a lieue à l’abri des regards…Ouf, mission accomplie. Ne reste plus qu’à acheter nos billets de bus pour Kalaw, à côté du lac Inlé , deuxième étape de notre séjour. Apparemment, il faut 12-13heures de bus pour s’y rendre (en Birmanie, les routes sont en mauvais état et les trajets très très longs), le départ est fixé à 15h, nous allons donc arriver en pleine nuit…

mardi 3 mai 2011

Bonjour de Birmanie

Bonjour a tous, ca y est nous sommes en Birmanie, tout va bien, c est tres chouette mais c est un peu voyage dans le passe..... Ce n est pas un pays de grande liberte. Nos portables ne passent pas et la plupart des sites internet sont bloques, dont ce blog et nos adresses mails. Pour y acceder nous sommes obliges de passer par des redirections (un truc de geek) ce qui ralentit encore plus des liaisons faiblardes. Seul GMAIL n est pas bloque donc pour correspondre avec nous pendant la Birmanie pouvez vous utiliser l adresse suivante : adedluca@gmail.com Nous essayerons de mettre a jour ce blog mais avec du texte seulement, les images ce sera trop complique.... A bientot